Climax/Trauma
Dans sa vidéo « Climax | The Most Anxious Film Ever? », le vidéaste Spikima Movies propose une analyse du film Climax (2018) de Gaspar Noé, qu’il décrit comme l’un des films les plus anxiogènes du cinéma contemporain. Selon lui, cette anxiété ne repose pas principalement sur la violence ou le choc visuel, mais sur un ensemble de choix formels destinés à maintenir le spectateur dans un état de tension permanente.
Spikima soutient que Climax fonctionne avant tout sur l’anticipation. Dès les premières minutes, le film installe l’idée qu’un événement grave va survenir, sans en préciser la nature ni le moment. Cette attente prolongée crée une inquiétude constante, qui précède largement la dégradation visible de la situation. L’angoisse naît ainsi moins de ce qui est montré que de ce qui est pressenti.
L’analyse insiste également sur le rôle central de la mise en scène. Les plans-séquences, l’usage limité du montage et les mouvements de caméra prolongés empêchent toute distanciation. Le spectateur est maintenu à l’intérieur de l’espace filmique, sans possibilité de pause ou de recul. La bande-son, essentiellement diégétique et omniprésente, participe à cette sensation d’enfermement en empêchant toute respiration sonore.
Le décor unique du film — un bâtiment isolé dont les issues sont progressivement neutralisées — devient, selon Spikima, un élément narratif à part entière. L’espace se transforme en une prison, renforçant l’impression de claustrophobie et d’inéluctabilité. Cette fermeture physique du lieu reflète la perte de contrôle progressive des personnages.
Spikima souligne par ailleurs l’absence de point d’ancrage émotionnel. Climax ne propose ni protagoniste clairement identifié ni trajectoire morale stable. Les comportements évoluent de manière imprévisible, empêchant le spectateur de s’identifier durablement à un personnage ou d’espérer une résolution rassurante.
En conclusion, la vidéo avance que Climax doit être envisagé moins comme un récit que comme une expérience sensorielle. Gaspar Noé y chercherait avant tout à provoquer une réaction physiologique — stress, malaise, anxiété — en privant le spectateur des conventions narratives habituelles. Pour Spikima, c’est précisément cette perte de repères et de contrôle qui fait de Climax un film particulièrement éprouvant.