ENTER THE VOID

Enter the Void est un film franco-germano-italo-canadien réalisé par Gaspar Noé, présenté en compétition officielle au Festival de Cannes en 2009 et sorti en salles en 2010. Œuvre radicale et expérimentale, le film se distingue par sa mise en scène immersive et subjective, ainsi que par son exploration des thèmes de la mort, de la conscience et de la réincarnation.


Synopsis


Oscar, un jeune Américain vivant à Tokyo, survit de petits trafics de drogue tandis que sa sœur Linda travaille comme strip-teaseuse. Lors d’une descente de police dans un bar, Oscar est abattu après avoir refusé de se rendre. À partir de ce moment, le récit adopte le point de vue de sa conscience désincarnée, qui erre dans la ville et observe les vivants, revisite des souvenirs de son passé et accompagne les événements qui suivent sa mort. Le film se déploie alors comme un voyage sensoriel et métaphysique inspiré de croyances liées au Livre des morts tibétain.


Distribution


Le film met en scène des acteurs majoritairement non professionnels ou peu connus au moment du tournage.

  • Nathaniel Brown interprète Oscar, le protagoniste.
  • Paz de la Huerta incarne Linda, sa sœur.
  • Cyril Roy joue Alex, un ami proche du couple fraternel.
  • Olly Alexander interprète Victor, un jeune garçon.

Cette distribution contribue au réalisme brut et à la dimension quasi documentaire de certaines séquences.


Genèse et influences


Gaspar Noé développe le projet d’Enter the Void pendant plusieurs années. Le film s’inspire librement du Bardo Thödol (souvent appelé Livre des morts tibétain), qui décrit les différentes étapes traversées par la conscience après la mort. Le réalisateur revendique également l’influence des expériences psychédéliques, du cinéma expérimental, ainsi que de la culture nocturne tokyoïte.


Tokyo est choisie comme décor principal pour son caractère à la fois hypermoderne et labyrinthique, accentuant l’impression de déréalisation et de perte de repères.


Mise en scène et esthétique


L’une des caractéristiques majeures du film réside dans son point de vue subjectif quasi intégral. La caméra adopte majoritairement la vision d’Oscar, d’abord à la première personne, puis sous la forme d’un regard flottant après sa mort. Les mouvements de caméra sont lents, fluides, souvent aériens, donnant l’impression d’une conscience détachée du corps.


La direction de la photographie, assurée par Benoît Debie, privilégie des couleurs saturées, des néons intenses et des jeux de lumière stroboscopiques. Les effets visuels, combinés à de longs plans-séquences, renforcent l’aspect hypnotique et sensoriel du film.


Son et musique


Le travail sonore occupe une place centrale dans Enter the Void. Le mixage accentue les respirations, les battements de cœur et les sons ambiants afin de plonger le spectateur dans l’expérience subjective du personnage principal.
La musique est composée de morceaux électroniques et atmosphériques, utilisés moins comme accompagnement narratif que comme vecteur de sensations et d’états de conscience altérés.


Thèmes abordés


Le film explore plusieurs thèmes récurrents dans l’œuvre de Gaspar Noé :

  • la mort et l’après-mort,
  • la mémoire et les traumatismes de l’enfance,
  • la dépendance et la marginalité,
  • la sexualité et le corps,
  • la perception altérée de la réalité.

Ces thèmes sont traités sans jugement moral, dans une approche volontairement frontale et parfois éprouvante pour le spectateur.


Réception critique


À sa présentation au Festival de Cannes, Enter the Void suscite des réactions très contrastées. Certains critiques saluent une expérience cinématographique unique et audacieuse, tandis que d’autres dénoncent une œuvre jugée excessive, provocatrice ou complaisante.
Le film acquiert néanmoins un statut de film culte, notamment auprès des amateurs de cinéma expérimental et sensoriel.


Place dans l’œuvre de Gaspar Noé


Enter the Void s’inscrit dans la continuité du cinéma radical de Gaspar Noé, après Seul contre tous et Irréversible. Il marque toutefois une rupture par son ambition formelle et sa dimension contemplative, annonçant les recherches visuelles et philosophiques que le réalisateur poursuivra dans ses films suivants.



Fiche Technique


Titre original : Enter the Void
Titre belge : Soudain le vide
Année de production : 2009

Réalisation : Gaspar Noé
Scénario : Gaspar Noé, Lucile Hadzihalilovic

Production :
Pierre Buffin, Olivier Thery Lapiney, Vincent Maraval, Marc Missonnier, Gaspar Noé

Sociétés de production :
Wild Bunch, Fidélité Films, Les Cinémas de la Zone

Distribution : Wild Bunch


 Équipe technique


  • Image / Direction de la photographie : Benoît Debie
  • Montage : Gaspar Noé, Marc Boucrot, Jérôme Pesnel
  • Décors : Marc Caro, Kikuo Ohta
  • Costumes : Nicoletta Massone
  • Son : Ken Yasumoto
  • Musique : divers artistes (dont Thomas Bangalter pour certaines compositions sonores)


Distribution principale


  • Nathaniel Brown : Oscar
  • Paz de la Huerta : Linda
  • Cyril Roy : Alex
  • Olly Alexander : Victor
  • Masato Tanno : Mario
  • Ed Spear : Bruno

Données techniques


  • Genre : Drame expérimental, fantastique
  • Pays : France, Allemagne, Italie, Canada
  • Langues : Anglais, japonais
  • Durée : 161 minutes
  • Couleur : Couleur
  • Format image : 2.35:1
  • Support de tournage : Super 16 mm, Super 35 mm
  • Son : Dolby Digital / DTS
  • Budget estimé : environ 12 millions d’euros

 Exploitation


  • Festival : Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2009
  • Sortie en France : 5 mai 2010


PAGE WIKIPEDIA ENTER THE VOID : https://fr.wikipedia.org/wiki/Enter_the_Void