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Gaspar Noé talks about his career, including his new film Vortex


BFI Q&A – British Film Institute (2022)

Cette vidéo est un entretien public (Q&A) organisé par le British Film Institute (BFI) à Londres, diffusé sur la chaîne YouTube officielle du BFI à l’occasion de la sortie de Vortex en 2022. Gaspar Noé y revient à la fois sur l’ensemble de sa carrière et sur ce film, qui marque un tournant important dans son œuvre.


Un retour sur un parcours singulier


Gaspar Noé retrace les grandes étapes de sa filmographie, depuis ses débuts avec Carne et Seul contre tous jusqu’à ses films les plus connus (Irréversible, Enter the Void, Climax). Il évoque son positionnement volontairement marginal dans le cinéma contemporain, assumant un rapport conflictuel aux normes narratives, esthétiques et morales du cinéma traditionnel.

Il rappelle que son cinéma s’est toujours construit autour de l’expérience du spectateur, plus que du récit, et qu’il s’est souvent intéressé à la manière dont l’image, le son et le montage peuvent provoquer des réactions physiques et émotionnelles.


Vortex : un film de rupture


Une large partie de l’échange est consacrée à Vortex, présenté comme un film profondément différent de ses œuvres précédentes. Noé explique avoir voulu réaliser un film simple, intime et dépouillé, centré sur la vieillesse, la maladie, la perte de mémoire et la mort.

Il décrit Vortex comme un projet né d’expériences personnelles :

  • son propre problème de santé grave,
  • le vieillissement de ses proches,
  • et une réflexion plus large sur la fin de vie et le temps qui passe.

Contrairement à ses films souvent perçus comme agressifs ou provocateurs, Vortex est pensé comme un film sans choc spectaculaire, mais émotionnellement éprouvant, précisément parce qu’il renvoie à une réalité universelle.


Le dispositif formel


Noé revient sur le choix du split screen, qui permet de suivre séparément les deux personnages principaux incarnés par Dario Argento et Françoise Lebrun. Ce dispositif est présenté comme une manière de traduire cinématographiquement l’isolement progressif, la désynchronisation des corps et des esprits, et l’impossibilité de partager pleinement une expérience commune à la fin de la vie.

Il insiste sur l’idée que la forme n’est jamais décorative, mais toujours liée au sens et à l’émotion.


Une vision du cinéma toujours radicale


Même si Vortex marque un apaisement formel et thématique, Gaspar Noé affirme rester fidèle à sa conception du cinéma :

  • un art de la liberté,
  • hostile aux recettes et aux formats imposés,
  • qui doit accepter de déranger ou de mettre mal à l’aise.

Il se montre critique envers l’industrie et les attentes du public, tout en soulignant l’importance de continuer à expérimenter, quel que soit l’âge ou la reconnaissance acquise.


Un échange direct avec le public


Le Q&A inclut des questions sur son rapport aux acteurs, l’improvisation, la musique, ainsi que sur l’évolution possible de son cinéma. Noé répond de manière directe, souvent pragmatique, insistant sur l’intuition, le hasard et la nécessité personnelle comme moteurs de création.


En résumé


Cette vidéo du BFI offre un portrait nuancé de Gaspar Noé, loin de sa seule image de cinéaste provocateur. Elle met en lumière un auteur conscient de son parcours, marqué par le temps et la fragilité humaine, et dont Vortex apparaît comme l’un des films les plus personnels et les plus graves.