CLIMAX
En 2018, Gaspar Noé signe avec Climax l’un de ses films les plus maîtrisés et paradoxalement les plus libres. Présenté à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes, où il remporte l’Art Cinema Award, le long métrage confirme la place du cinéaste franco-argentin parmi les figures les plus radicales du cinéma contemporain.
L’action se situe en 1996. Dans un bâtiment isolé, une troupe de jeunes danseurs répète un spectacle avant une tournée américaine. Après une performance d’ouverture électrisante — filmée en un plan-séquence virtuose — la répétition laisse place à une fête improvisée. Autour d’un grand saladier de sangria, l’ambiance est euphorique, les corps se délient, les tensions affleurent. Jusqu’à ce que l’on découvre que la boisson a été mélangée à du LSD. La célébration bascule alors dans une descente aux enfers collective.
Plutôt que de s’appuyer sur un scénario structuré, Noé privilégie l’improvisation. La plupart des interprètes sont des danseurs professionnels, non-acteurs, à qui le réalisateur laisse une grande liberté pour façonner leurs personnages. Tourné en quinze jours, souvent en plans longs et fluides, Climax épouse le vertige de ses protagonistes. La caméra de Benoît Debie flotte, se renverse, s’infiltre dans les couloirs comme un témoin fiévreux de la décomposition du groupe.
La musique, supervisée notamment par Thomas Bangalter, joue un rôle central : house, techno et électro des années 1990 rythment la première partie du film avant de devenir pulsation oppressante. Le son, l’éclairage rougeoyant et les mouvements chorégraphiques contribuent à transformer l’espace clos en laboratoire de la perte de contrôle.
Au-delà de son dispositif formel, Climax explore les mécanismes de la dynamique collective : comment un groupe soudé par la création artistique peut se fracturer sous l’effet de la peur, du soupçon et de la désinhibition. Fidèle à son esthétique de l’excès, Noé filme la violence sans détour, suscitant fascination autant que malaise.
À la fois film de danse, expérience sensorielle et tragédie psychotrope, Climax s’impose comme une œuvre immersive, qui se vit davantage qu’elle ne se raconte — un cauchemar chorégraphié où la fête se transforme en autopsie du lien social.
FICHE TECHNIQUE
Titre : Climax
Réalisation : Gaspar Noé
Scénario : Gaspar Noé
Année de production : 2018
Pays : France / Belgique
Genre : Drame, thriller psychologique, expérimental
Durée : 96 minutes
Langue originale : Français (avec passages en anglais)
Format : Couleur
Date de sortie en France : 19 septembre 2018
Équipe technique
Directeur de la photographie : Benoît Debie
Montage : Gaspar Noé, Denis Bedlow
Musique originale : Thomas Bangalter
Décors : (principalement tourné en décor unique, bâtiment scolaire)
Production : Rectangle Productions
Coproduction : Wild Bunch, Arte France Cinéma
Distribution (France) : Wild Bunch
Distribution principale
- Sofia Boutella : Selva
- Kiddy Smile : Daddy
- Romain Guillermic : David
- Souheila Yacoub : Lou
- Claude Gajan Maull : Emmanuelle
- Giselle Palmer : Gazelle
- Taylor Kastle : Taylor
- Thea Carla Schøtt : Psyche
WIKIPEDIA FICHE : https://fr.wikipedia.org/wiki/Climax_(film,_2018)